
Fruit de six mois de travail de terrain (juillet à décembre 2025) dans sept ensembles géographiques, le rapport documente les facteurs de vulnérabilité de 3 120 femmes autochtones consultées au sein de 42 communautés, et formule un plan d’action d’adaptation.
Un diagnostic à l’échelle nationale
Le rapport final rend compte de la mise en œuvre, sur une période de six mois (juillet à décembre 2025), du Projet d’analyse participative de la vulnérabilité des femmes autochtones appartenant aux communautés Bambuti, Batwa, Twa, Baaka, Téké, Humbu et Mfinu, exécuté par l’Alliance Nationale pour l’Adaptation des Femmes Autochtones aux Changements Climatiques (ANAFAC) en République démocratique du Congo.
Le projet a couvert sept ensembles géographiques : les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu, du Maniema, du Tanganyika, du Mai-Ndombe, le Grand Équateur, ainsi que les hauts plateaux des Bateke situés dans les périphéries de la ville-province de Kinshasa.
Objectif : documenter pour mieux répondre
L’objectif central du projet était de documenter, de manière participative et sensible au genre, les facteurs de vulnérabilité socio-économique, environnementale et culturelle des femmes autochtones, afin d’orienter des réponses d’adaptation et d’autonomisation adaptées à leurs réalités.
Il ne s’agissait donc pas de produire un état des lieux extérieur, mais de construire une connaissance avec les communautés concernées, en reconnaissant aux femmes autochtones la qualité d’expertes de leur propre vulnérabilité.
Une méthodologie participative
La méthodologie a combiné plusieurs outils complémentaires :
- des enquêtes ménages ;
- des groupes de discussion (focus groups) ;
- des entretiens semi-structurés avec des informateurs clés ;
- des cartographies communautaires participatives ;
- des ateliers de restitution.
| LES CHIFFRES CLÉS DU PROJET | |
| Période | Six mois, de juillet à décembre 2025 |
| Couverture | Sept ensembles géographiques (Sud-Kivu, Nord-Kivu, Maniema, Tanganyika, Mai-Ndombe, Grand Équateur, hauts plateaux des Bateke) |
| Communautés touchées | 42 communautés autochtones |
| Femmes consultées | 3 120 femmes autochtones directement consultées |
| Renforcement de capacités | 68 animatrices et relais communautaires formés |
| Produit final | Un rapport diagnostic de vulnérabilité assorti d’un plan d’action d’adaptation, produit et validé |
Un cumul de vulnérabilités
Les résultats confirment un cumul de vulnérabilités : insécurité foncière, faible accès aux services sociaux de base, marginalisation dans les processus décisionnels, exposition aux violences basées sur le genre et forte dépendance à des ressources naturelles en dégradation rapide.
Ces facteurs ne s’additionnent pas seulement : ils se renforcent. L’insécurité foncière limite l’investissement dans la terre ; la dégradation des ressources accroît la charge de travail domestique ; l’exclusion des espaces de décision empêche que ces réalités soient prises en compte dans les politiques locales d’adaptation.
Des recommandations opérationnelles
Le rapport formule des recommandations opérationnelles à l’intention de l’ANAFAC, de ses partenaires et des pouvoirs publics, en vue de la phase suivante :
- la sécurisation foncière ;
- l’appui aux activités génératrices de revenus adaptées ;
- le renforcement du leadership féminin autochtone ;
- l’intégration systématique des données de vulnérabilité dans la planification des interventions d’adaptation climatique en République démocratique du Congo.
