
Mis en œuvre dans les territoires de Mwenga, Kabare et Idjwi avec l’appui de Mwanake Fund et d’Agroecology Coalition, le projet bénéficie directement à 840 femmes et jeunes filles autochtones. L’évaluation à mi-parcours confirme une hausse moyenne des rendements de 34 % sur les parcelles de démonstration.
Placer les femmes autochtones au centre de la transition agroécologique
Le projet « Renforcer les capacités des femmes autochtones en agroécologie pour la résilience climatique en République démocratique du Congo » est mis en œuvre par l’Alliance Nationale pour l’Adaptation des Femmes Autochtones aux Changements Climatiques (ANAFAC) dans les territoires de Mwenga, Kabare et Idjwi, en province du Sud-Kivu. Avec l’appui financier et technique de Mwanake Fund et d’Agroecology Coalition, il bénéficie directement à 840 femmes et jeunes filles autochtones.
Face à la dégradation accélérée des terres, à l’irrégularité croissante des saisons pluviales et à la marginalisation historique des communautés autochtones, le projet a fait le pari de placer les femmes au centre de la transition agroécologique. Ce choix n’est pas seulement un principe d’équité : dans les zones d’intervention, ce sont les femmes qui détiennent l’essentiel des savoirs relatifs aux semences locales, aux calendriers culturaux et aux plantes utiles.
Une intervention à quatre leviers
L’intervention combine formation pratique, structuration en groupements, distribution d’intrants adaptés et plaidoyer institutionnel. Cette combinaison permet de renforcer durablement les capacités productives, économiques et organisationnelles des bénéficiaires :
- la formation pratique, dispensée au plus près des parcelles, dans les champs-écoles autochtones ;
- la structuration en groupements, qui transforme des initiatives individuelles en capacités collectives de négociation et de mise en marché ;
- la distribution d’intrants adaptés, articulée à la conservation des semences autochtones ;
- le plaidoyer institutionnel, qui vise la reconnaissance des femmes autochtones comme actrices à part entière des politiques agricoles et climatiques.
Les résultats de l’évaluation à mi-parcours
À l’issue d’une évaluation à mi-parcours, les principaux résultats se résument ainsi :
| RÉSULTATS À MI-PARCOURS | |
| Formation | 640 femmes formées aux techniques agroécologiques (soit 60 % de la cible) |
| Organisation | 10 groupements agroécologiques constitués et fonctionnels (un par localité) |
| Champs-écoles | 10 champs-écoles autochtones installés (un par village) |
| Conseil agricole | 3 cliniques mobiles de conseils agroécologiques créées et opérationnelles (une par territoire) |
| Semences | 3 banques semencières autochtones communautaires mises en place (une par territoire) |
| Productivité | Hausse moyenne des rendements de 34 % sur les parcelles de démonstration |
| Adoption | Plus de 80 % des participantes ont adopté des pratiques durables |
Des banques semencières comme infrastructure de résilience
La mise en place de trois banques semencières autochtones communautaires, une par territoire, constitue l’un des acquis structurants du projet. Elle sécurise l’accès des productrices à des semences adaptées aux conditions locales, réduit leur dépendance à des approvisionnements extérieurs incertains et protège un patrimoine génétique menacé par la dégradation des terres.
Les trois cliniques mobiles de conseils agroécologiques prolongent cette logique en portant l’appui technique jusqu’aux localités les plus enclavées, là où les services agricoles conventionnels parviennent rarement.
Une reconnaissance institutionnelle en construction
Au-delà des indicateurs de production, le projet a contribué à renforcer la reconnaissance institutionnelle des femmes autochtones comme actrices de la résilience climatique au Sud-Kivu. Cette évolution, plus lente à mesurer que les rendements, conditionne pourtant la durabilité de l’ensemble : sans reconnaissance, les acquis techniques restent fragiles.
Perspectives
La seconde phase de mise en œuvre doit permettre d’atteindre l’intégralité de la cible de formation, de consolider les groupements existants et d’élargir la couverture des banques semencières. L’ANAFAC remercie Mwanake Fund et Agroecology Coalition pour leur appui, et invite les partenaires intéressés à se joindre à cette dynamique.
| À PROPOS DE L’ANAFAC L’Alliance Nationale pour l’Adaptation des Femmes Autochtones aux Changements Climatiques (ANAFAC) est une organisation congolaise qui œuvre à la reconnaissance des droits des femmes et des jeunes filles autochtones, au renforcement de leur leadership et à leur pleine participation aux stratégies d’adaptation aux changements climatiques en République démocratique du Congo. Son action articule la défense des droits, le renforcement des capacités, la restauration des écosystèmes et le plaidoyer auprès des institutions locales, nationales et internationales. |
Équipe de communication ANAFAC
