
L’ANAFAC renforce le leadership des femmes autochtones afin qu’elles participent pleinement à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques d’adaptation aux changements climatiques. À travers le plaidoyer, le dialogue avec les institutions publiques et le renforcement des capacités, l’organisation œuvre pour une gouvernance climatique plus inclusive.
Une absence qui coûte cher
En République démocratique du Congo, les femmes autochtones figurent parmi les premières exposées aux effets du dérèglement climatique. Ce sont elles qui assurent l’approvisionnement en eau, en bois-énergie et en produits vivriers, elles qui absorbent dans l’organisation quotidienne des ménages le coût de chaque saison manquée, de chaque sol appauvri, de chaque ressource devenue plus lointaine.
Elles sont pourtant rarement présentes là où se décident les réponses. Cette absence n’est pas seulement une injustice : c’est une perte d’efficacité. Des politiques d’adaptation conçues sans celles qui vivent quotidiennement les effets du changement climatique passent à côté de l’essentiel — les priorités réelles, les savoirs disponibles et les solutions déjà à l’œuvre dans les communautés.
Le pari de l’ANAFAC : de la consultation à la décision
L’ANAFAC travaille à ce que les femmes autochtones ne soient plus seulement consultées, mais associées à la décision. Ce déplacement suppose de leur donner les moyens concrets d’y prendre part : la connaissance de leurs droits, la maîtrise des enjeux climatiques, les techniques de plaidoyer et l’accès effectif aux espaces où se construisent les politiques publiques.
Cette conviction structure l’ensemble de l’action de l’alliance, du village jusqu’aux enceintes internationales.
Trois leviers complémentaires
L’organisation agit simultanément sur trois leviers qui se renforcent :
- le plaidoyer, pour faire reconnaître les priorités des femmes autochtones dans les cadres de planification climatique ;
- le dialogue avec les institutions publiques, pour transformer ces priorités en engagements concrets et suivis ;
- le renforcement des capacités, pour que les femmes autochtones portent elles-mêmes leur parole, sans intermédiaire.
Aucun de ces leviers ne produit d’effet durable isolément. Le plaidoyer sans capacités reste porté de l’extérieur ; les capacités sans accès aux institutions restent sans débouché ; le dialogue institutionnel sans revendications structurées se réduit à une formalité.
Du village aux enceintes internationales
Cette approche se déploie à plusieurs échelles. Au niveau communautaire, l’ANAFAC accompagne l’émergence de cadres de mobilisation féminine et la prise de responsabilités des femmes autochtones dans les instances locales de décision. Au niveau provincial, l’alliance a élaboré et remis un mémorandum de revendications aux autorités du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, issu directement du travail mené avec les communautés.
Au niveau international, l’ANAFAC a pris part en novembre 2025 à la COP30 de Belém, au Brésil, où elle a porté son plaidoyer sur l’adaptation des femmes autochtones et contribué aux espaces du Forum international des peuples autochtones sur les changements climatiques (IIPFCC). Cette continuité entre les échelles est délibérée : elle vise à ce que les priorités formulées dans les villages congolais trouvent un écho, et des ressources, dans les décisions prises à l’échelle mondiale.
| QUELQUES REPÈRES ISSUS DES PROJETS DE L’ANAFAC | |
| Documentation | 3 120 femmes autochtones directement consultées dans 42 communautés lors de l’analyse participative de la vulnérabilité |
| Mobilisation | 760 femmes et jeunes filles autochtones dont les connaissances et compétences ont été renforcées en matière de plaidoyer climatique |
| Leadership local | 450 femmes et jeunes filles leaders autochtones accompagnées vers la prise de responsabilités dans les instances locales de décision |
| Plaidoyer provincial | Un mémorandum de revendications élaboré et remis aux autorités provinciales |
| Plaidoyer international | Participation à la COP30 de Belém (Brésil), du 10 au 21 novembre 2025 |
Ce que suppose une gouvernance climatique réellement inclusive
L’expérience accumulée par l’ANAFAC met en évidence quatre conditions pour que l’inclusion dépasse le stade de l’intention :
- reconnaître les femmes autochtones comme détentrices de savoirs et non comme simples bénéficiaires ;
- intégrer systématiquement les données de vulnérabilité désagrégées par genre dans la planification des interventions d’adaptation ;
- sécuriser des sièges permanents, et non ponctuels, pour les organisations de femmes autochtones dans les cadres de concertation ;
- ouvrir un accès direct de ces organisations aux financements de l’adaptation.
Un appel aux partenaires et aux pouvoirs publics
L’ANAFAC invite les pouvoirs publics, les partenaires techniques et financiers et les organisations de la société civile à inscrire durablement le leadership des femmes autochtones au cœur des politiques d’adaptation en République démocratique du Congo. La résilience climatique du pays ne se construira pas sans celles qui, chaque jour, en supportent déjà le coût.
| À PROPOS DE L’ANAFAC L’Alliance Nationale pour l’Adaptation des Femmes Autochtones aux Changements Climatiques (ANAFAC) est une organisation congolaise qui œuvre à la reconnaissance des droits des femmes et des jeunes filles autochtones, au renforcement de leur leadership et à leur pleine participation aux stratégies d’adaptation aux changements climatiques en République démocratique du Congo. Son action articule la défense des droits, le renforcement des capacités, la restauration des écosystèmes et le plaidoyer auprès des institutions locales, nationales et internationales. |
Équipe de communication ANAFAC
